Poubelle la vie

Blog d'un jeune alcoolique, [fauché], divorcé et dépressif

31 juillet 2007

Songe d'une nuit d'été

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La dernière fois que je l'ai vu heureuse, c'était en 2003, lorsque nous étions en vacances en Italie.  Nous avions pris pour habitude de nous rendre chaque été dans une grande maison familiale près d'un lac. Autour de cette maison, des immenses champs de maïs qui s'étendaient à perte de vue. Dans ces plaines baignées de soleil, on pouvait ressentir la joie de vivre naturelle des habitants comme si le temps ou les difficultés de la vie n'avaient pas d'impact sur eux.  Là bas, les gens se contentent du peu et vivent pleinement leur vie sans trop se poser de questions.

La dernière fois que je l'ai vu heureuse, je conduisais la voiture. P. mon premier fils, encore petit, dormait près de sa mère sur la banquette arrière.  Il faisait chaud, les vitres étaient ouvertes. Nous revenions d'une baignade en fin de journée. Je l'observais discrètement par le rétroviseur. Elle était belle. Le vent soulevait ses cheveux bruns. Elle fermait ses yeux pour mieux ressentir le plaisir de la caresse du vent sur son visage hâlé. Un léger sourire de plaisir intense apparaissait sur le coin de ses lèvres. Je crois que je ne l'ai plus jamais vu aussi épanouie.

Je ne suis pas retourné dans cet endroit depuis ma séparation. C'est un peu comme quelque chose de "sacré" enfoui dans mon inconscient, un tombeau qu'il ne faut pas manifester au grand jour. S. m'a proposé d'y retourner avec mes enfants. Cette maison familiale en forme d'hacienda espagnole appartient depuis des générations à sa famille. J'ai longtemps hésité. Suis-je vraiment prêt ?. Suis- je prêt à affronter de plein fouet mon passé et en particulier, ces moments magiques que j'ai passé auprès de Cruella lorsqu'elle n'était pas ce qu'elle est devenue ? .  D'un autre côté, mes deux fils seraient heureux d'y séjourner quelques jours pendant leurs vacances . Alors que faire ?. Pour l'instant, j'ai donné mon accord mais pour un minimum de jours.

Il faudra sans doute que je ferme les yeux sur certains souvenirs. Revoir ces pièces, ce salon, cette cuisine, me coucher dans ce lit que nous partagions, ce sera difficile. Il y aura un peu de son fantôme là bas. Les routes que nous avons emprunté, les lacs dans lesquels nous nous sommes baignés, ce petit bateau que j'avais loué sur lequel nous avons fait l'amour...

Depuis notre désunion, je déteste les vacances et la saison estivale est un vrai cauchemar. Pour celles et ceux qui ont vécu en famille durant des années, ne plus revoir ses enfants, être seul à la plage ou chez soi, entendre les couples rires et s'amuser avec leurs enfants ou les voir batifoler, c'est une torture pour l'âme. Dire qu'à cette époque, je ne songeais qu'à cela, les vacances et le repos !. Aujourd'hui, je m'étonne à prier pour que l'été passe le plus vite possible...

Et que les nuits soient les plus longues, les journées les plus froides...

"Au fil du temps, les blessures de la mémoire cicatrisent et s'estompent. L'oubli est un muscle qu'il faut entretenir"

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24 juillet 2007

Comme une étoile filante

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Je suis un peu absent en ce moment. Mais ce n'est que passager. J'ai pourtant encore beaucoup de chose à dire, à comprendre. De plus, je serai en vacances auprès de mes deux fils à partir de la première quinzaine d'août.  Néanmoins, je ferai mon possible pour donner des nouvelles à mes fidèles lecteurs(trices). 

Un bonjour à mon ami, le fêlé , Nathalie et Lelene.

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16 juillet 2007

On en reste là

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Vendredi soir. Un vendredi comme tous les autres, le genre de vendredi déprimant. J'avais pourtant décidé de rester  tranquille chez moi , de ne pas sortir m'empiffrer d'alcool comme un automate bien programmé ou de dépenser de l'argent...Comme quelqu'un qui n'en n'a pas. En début de soirée, j'avais d'ailleurs reçu un coup de fil de C, une amie récente dont je compte bien faire la connaissance...Un peu plus poussée, si je puis dire. Une femme très sensible, prévenante, attentionnée. Elle m'a un peu remonté le moral. Il faut dire que depuis quelques temps, il n'est pas au plus haut : des enfants totalement absents, Cruella qui me les enlève durant un mois complet. Au risque de me répéter, cet attachement très profond que j'ai pour eux dépasse de loin le lien du sang, c'est un peu comme si ils étaient ma moitié. Lorsqu'arrive le week end, c'est donc une nouvelle torture pour moi car je sais que je serai seul, je sais que dans cet appartement, je  continuerai à errer de pièces en pièces cherchant à combler ce vide. Il ne suffit pas de s'occuper de soi, de prendre "soin de soi", de se faire une petite toile le soir ou d'oublier sa peine auprès des amis ou de femmes ensorcelantes. Lorsque la mal est au fond de l'âme, au fond du coeur, on ne peut pas le chasser. Il forme la trame des souvenirs qui me hantent.

Je ne voulais pas boire. Trois jours entiers que je n'avais pas bu. Le premier soir avait d'ailleurs été très difficile. V.  a rappliqué aux alentours de 20h. J'avais pourtant prévu de rester seul. Cependant, elle m'avait téléphoné quatre  heures auparavant, j'étais d'accord pour qu'elle vienne... Avec deux bouteilles de rosé et une bouteille de "despé" . J'ai commencé par lui dire que je ne voulais plus boire.  Elle m'a répondu que si je ne le faisais pas, ce serait pour elle. J'ai réfléchi et j'ai rétorqué que finalement,  je l'accompagnerai . Trois verres, pas plus. C'est plutôt elle qui m'a accompagné... A la deuxième bouteille de rosé ouverte, j'ai été pris d'un malaise. Qu'importe !. J'en ai déduit que c'était dû à mon arrêt précèdent ( Au bout de deux, trois jours sans une goutte, les organes digestifs sont plus sensibles ). Je ne m'arrêtais plus. V. n'avait plus qu'à s'asseoir tranquillement puis à me regarder. Je savais ce qu'elle avait derrière la tête : elle n'avait pas vraiment l'intention de partir. Je n'avais pas la force non plus de la mettre à la porte, ni de me justifier ou de rentrer dans des débats stériles. Je ne voulais pas entendre ses gémissements habituels, ses plaintes interminables.....  Je crois bien que d'elle-même, elle est allée se foutre à poil dans ma chambre. Pour beaucoup d'hommes, cette fille serait une aubaine. Pour moi, c'était une galère. 

Je suis allé vomir tout ce que je savais dans les toilettes. J'ai vomi du sang. Il est vrai que je n'avais pas mangé de toute la sainte journée. A la vue des caillots, je me suis dit qu'il était peut-être vraiment temps que je tire un trait. C'était confus dans ma tête : tirer un trait sur ma vie ou sur l'alcool ?. L'alcool, la vie ?. La vie, l'alcool ?. Je ne savais plus. J'ai fini dans mon lit à côté de V, complètement nue. Elle a obtenu ce qu'elle était venue chercher. 

Le lendemain, j'étais en colère. Non pas parce que j'avais bu mais parce que non seulement, j'avais cédé mais en plus, elle en avait royalement profité. Je me suis senti comme complètement "vidé" de l'intérieur, comme si au fond, elle se foutait de mes problèmes ou de mon malaise et que cette écoute et disponibilité dont elle avait fait preuve jusqu'à présent n'avaient été en réalité qu'une apparence. Je lui ai demandé de foutre le camp sur le champ.

Elle est partie en claquant la porte.

Pour me changer les idées, samedi soir vers 22h, je suis allé au cinéma. Lorsqu'à la fin de la séance, je ai rallumé mon portable, j'ai eu droit à quelques messages plus ou moins agressifs et capricieux. Je n'ai pas répondu aux appels suivants préférant attendre que V. retrouve un peu son calme. 

Dimanche matin, j'ai accepté le dialogue. Nous avons discuté une heure et calmement, je lui ai expliqué que je ne voulais plus jamais la voir en utilisant des arguments qu'elle ne pouvait rejeter.

Je ne la verrai plus. Et c'est une bonne chose.

Et je ne céderai plus devant ses larmes.

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12 juillet 2007

Erreur de jeunesse

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Il n'y avait pas de raisons pour que je le fasse. Et pourtant, je l'ai fait sur les conseils "avisés" de mon pauvre père et sous la pression de cet avocat incompétent. Il s'agissait d'une manoeuvre pourtant simple : Faire peur à Cruella. Ce que je refusais dans un premier temps arguant le prétexte que je ne désirais pas le divorce mais une séparation de corps. A mes yeux, la séparation de corps avait moins d'impact dans sa symbolique par rapport au divorce pur et dur. Mais pour eux, puisque Cruella refusait que je réintègre le foyer matrimonial, il fallait nécessairement taper fort. Sous la complicité de mon père, l'avocat se lança alors dans de grandes explications stupides que j'encaissais pourtant sans aucun sens critique. J'argumentais pourtant en répétant que c'était une solution beaucoup trop risquée. Mais en vain, puisque " de nos jours, tout le monde divorce, tout le monde refait sa vie, je devais absolument montrer lesquels des deux était "le patron ". 

Seulement, ce que n'a jamais compris mon imbécile de père, c'est que je n'ai jamais fonctionné comme lui. Cruella non plus. Sa vie à lui ne ressemblait en rien à la mienne. Si son premier divorce avec B. avait été un échec retentissant pour son égo sur-dimensionné , il n'était certainement pas une souffrance quasi physique comme on peut le ressentir lorsqu'un un être cher vous manque. Pour lui, les femmes ont valeur d'objet,  de confort affectif ou de satisfaction. Si ça ne va pas, on change et on s'accommode de son nouveau "produit".  Pour lui, un homme qui souffre parce qu'il a perdu celle qu'il aimait, c'est un homme faible et sans caractère. Et pourtant...Combien de fois ne l'ai-je pas vu déprimer lorsque ma mère partait. Il ne faut pas se méprendre, il n'avait pas de peine par rapport à l'absence de ma mère, il en avait par rapport à sa sécurité affective. Ce fut l'une des  rares fois où il ne pouvait prendre  le contrôle de la situation. En dehors de ces considérations, ma mère finissait toujours par revenir. Elle revenait parce qu'au fond, elle était incapable de se détacher progressivement de cet homme.

Lorsque Cruella reçu la lettre de l'avocat, elle fut non seulement bouleversée mais de plus, elle se saisit légitimement de cette occasion  ( parmi tant d'autres )  pour justifier son départ. Je débarquai un jour à l'improviste à la maison alors qu'il n'y avait personne. Drôle d'impression que de voir l'appartement dans un tel état avec des notes qui traînaient partout, les fauteuils déplacés, les chaises qui n'étaient pas à leur place. Ce qui retint mon attention fut d'abord un journal de petites annonces gratuites qui était posé sur la table de la cuisine. Cruella avait entouré au stylo les annonces de location d'appartement. Mon orgueil de l'époque en prit un coup. Mais comme mon cerveau de poule ne pouvait saisir ces informations ou plutôt ces avertissements avec tout le calme et le flegme qu'il est de coutume d'avoir dans ces cas là,  je pris cela comme de la provocation. Sous le coup de la colère, je renversai alors le tiroir de la commode qui était placée à l'entrée. Dans ce tiroir, il y avait de nombreux papiers importants dont j'avais besoin.

Un mois plus tard, elle trouva un appartement. Un trois pièces. Pour la première fois, elle me mentit ouvertement  en disant que cet appartement, dans la mesure où nous revivrions ensemble serait l'endroit idéal pour tout reprendre à zéro. Lors de son déménagement, elle se fit aider par une amie et son copain. Ce même couple qui des mois plus tard fit un faux témoignage en ma défaveur lors de la procédure. Ce couple là s'est finalement séparé. Un jour, alors que je travaillais, le type me téléphona. Je lui rappela avec beaucoup d'entrain sa fourberie mais il soutint qu'il était alors sous l'emprise de sa propre femme et qu'il regrettait ce qu'il avait fait. Je lui demandais quel était l'objet de son appel. Il répondit que sa femme voulait divorcer (!) et que pour ce faire, elle avait pris la même avocate que mon ex-épouse... En réalité, il voulait des renseignements.

Je les lui donna.

Après tout, il passait de l'autre côté de la barrière. La roue avait tourné pour lui.

Elle tourne pour tout le monde.

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10 juillet 2007

Ce sont toujours les mêmes qui vous ruinent la vie

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Il va falloir que je m'accroche. Un mois entier sans voir mes fils, c'est comme si on me privait d'une partie de moi. Du temps de l'armée, il y avait un gars de notre compagnie qui aimait écouter la chanson " Petite Marie" de Cabrel. En réalité, il la passait en boucle à chaque fois que nous étions dans nos "chambres" ou plutôt, dans notre hangar. C'était assez loufoque d'entendre résonner cette musique si douce dans cet univers de brutes épaisses dont je faisais parti. Cette musique en effet lui rappelait sa petite fille qui avait le même prénom. Il finissait toujours  par pleurer.  Personne ne se moquait de lui, il était aussi le plus âgé d'entre nous. Avant, je voyais cela comme une sorte de faiblesse, aujourd'hui, je comprends.

Je ne suis même pas sûr d'obtenir mes vacances pour la première quinzaine d'août. La raison en est simple : J'ai utilisé mes dernières réserves lors de mon voyage en Ukraine. Pourquoi l'Ukraine ?. Et bien, parce que je suis parti avec une association humanitaire afin d'apporter du matériel à des enfants orphelins. J'étais convoyeur. Ce fut une expérience éprouvante, j'aurais l'occasion d'en reparler. Revenons à mes vacances. Il va donc falloir que je prenne une avance. Sans compter le problème financier car il faut absolument que je tienne une quinzaine de jours.  Je pense malgré ce que ça va déclencher comme procédure supplémentaire que je ne paierai qu'une partie de mon loyer ce mois-ci. Ainsi, les charges habituelles iront au bénéfice direct de mes enfants. Il en est de même pour les créances mensuels : J'ai cessé temporairement les prélèvements automatiques.

Je n'ai pas le choix et que les créanciers aillent au diable !

Pourtant, ce ne sont pas les alternatives qui manquent : S. m'a proposé le paiement du loyer et V. de l'argent liquide afin de palier aux dépenses du mois d'août.

J'ai refusé. Je ne veux pas d'argent. Je ne compte sur personne et ne veux l'aide de personne.  Rien à faire, c'est comme ça.

Demain, j'ai rendez-vous auprès de l'assistante sociale. Je vais essayer de tirer 3 - 400 euros mais c'est pas gagné du tout !

Hier soir, courrier d'un de mes charognards favoris : " Dans l'attente d'une décision définitive de la Banque de France, n'oubliez pas de vous engager scrupuleusement à rembourser vos échéances sous peine de...". Bref, la salade habituelle. De plus, ils ne peuvent rien me prendre : Le système mis en place par la Banque de France est assez bien ficelé et respectueux des personnes en difficulté. En somme, vous ne risquez rien à partir du moment où votre dossier de surendettement est recevable. Par contre, si vous ne risquez pas de voir débarquer les huissiers, la BF  n'est pas un distributeur de billets. En somme, si vous n'avez rien pour bouffer et ben...Vous ne bouffez pas. Il m'est arrivé - parfois jusqu'à trois semaines entières - de n'avoir rien sur mon compte.  Mais quelle importance lorsque les enfants ne sont pas là. Le côté usant, c'est qu'à 33 ans en pleine force de l'âge, il faut pouvoir digérer. Et c'est pas évident !

Cruella n'a aucunes charges si ce ne sont les enfants et sa voiture, le loyer et tout ce qui se rattache aux frais habituels. Toutes les dettes que nous avions en commun, je les ai gardé au nom du principe que nos enfants devaient jouir du confort le plus complet. Je ne reviendrai pas là dessus non plus. C'est un choix que j'assume tout comme j'assume depuis le début le paiement de la pension.

Selon des statistiques, plus de la moitié des hommes devenus SDF seraient des hommes célibataires et ruinés par les endettements qui découlent du divorce. Certains d'entre eux ne l'ont pas choisis. Ils se sont tout simplement retrouvés en face d'un monstre. Les femmes sont un peu plus protégées que les hommes. Tant qu'elles ont la garde des enfants, je présume que c'est naturel mais quel juge aujourd'hui se sent concerné par l'intérêt des enfants avant celui de la mère ou des décisions judiciaires préformatées, préétablies ?

Pour la machine judiciaire ( les tribunaux sont de vraies machines à broyer ), c'est souvent l'intérêt collectif qui prime avant celui des individus. Puisqu'on applique la même règle pour tout le monde pourquoi donc remettre en question tout un système pourri ?

Pour l'instant, je ne casse rien, je reste bien silencieux comme un brave toutou.

Un  jour, peut-être que le chien finira par mordre.

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Joe la Castagne

Scarface

Figurez-vous que j'ai croisé, il y a quelques jours de cela, le fameux "Joe la Castagne" ex petit ami de V. ,  serveur dans un pub nantis de la vielle ville et patron incontesté de toute la mafia locale.  Je l'ai croisé en allant justement à mon travail alors qu'il conduisait sa twingo-cadillac  rouge. Bien entendu, je me suis arrêté avant qu'il ne le fasse. Du coup, il est resté au beau milieu de la route à me fixer comme un âne. Il a alors baissé sa fenêtre. Je lui ai adressé la parole en lui faisant remarquer qu'il m'avait effectivement trouvé en premier et que c'était une bonne chose. Derrière sa klaxonnait dur, du coup, je lui ai dit de se mettre sur le côté afin d'échanger entre amis nos beaux souvenirs d'antan.
Durant tout le long de la conversation, il a soutenu mordicus que jamais au grand dieu, jamais, il n'avait levé sa matraque sur moi. Ce que je refusais d'admettre. Il a haussé le ton en me disant qu'en revanche, il n'admettait pas que je le menace devant sa copine. Ce à quoi j'ai rétorqué que je n'admettais pas qu'il se conduise comme un lâche. J'ai rajouté que "de plus, il n'avait pas besoin de toute une armée pour ma flanquer une raclée et que lui seul, si toutefois, il l'acceptait pouvait trouver matière à s'exprimer".  Il m'a confié qu'il connaissait parfaitement mon adresse ( ce qui est vrai pour une fois ) et qu'il me cherchait depuis longtemps en faisant des aller-retours interminables dans ma rue ( ce qui est totalement faux, bien sûr ). Petit malin. Je lui ai alors répondu que puisque connaissant mon adresse, il pouvait venir ce soir à toute heure à partir de 18h même à la fin de son travail. Là dessus, il s'est alors lancé dans d'innombrables justifications stupides en disant que finalement " Il ne m'en voulait pas, que c'était pour ainsi dire, la faute de V. ( qu'il n'a d'ailleurs jamais insulté devant moi ) et que pour lui, c'était pas un problème et qu'il était désolé pour les coups de matraques et que ce n'était toujours pas lui ( de ce fait en condamnant son patron et ami )  , etc... . Est-ce une forme d'excuse ?. Je ne sais pas. Il est parti sans être une seule fois sorti de sa voiture. Dommage. Mais je ne me voyais pas non plus lui envoyer mon poing dans sa figure alors qu'il était bien calfeutré. Cela s'est joué à très peu de choses.

Ce que j'en retiens ? D'abord, il n'est jamais venu. Le soir même, j'avais laissé la porte de ma chambre ouverte exprès de manière à entendre la sonnerie. A deux heures du matin, je crois que je ne dormais toujours pas. Les soirs suivants, idem mais toujours rien. Rien que le bruit du vent.

V. a complètement halluciné lorsque je lui ai raconté l'histoire. Elle m'a dit que son ex-cro magnon de copain était généralement "une brute épaisse". N'étant néanmoins pas taillé comme un Rambo ( mais pas Michel Blanc, non plus ) , j'en conclu que s'il n'a pas eu peur de mon physique, il a dû cependant s'inquiéter de ma détermination. Et je l'étais vraiment. D'autant plus qu'après vérification, il n'a jamais fait de main courante. Ce qui signifie qu'il a plus cherché à me faire peur qu'autre chose. V. m'a dit que selon elle, la véritable signification, c'était sa lâcheté.

Je pense que s'il avait rappelé V. en l'insultant, je n'aurais plus hésité une seconde. Un ami boxeur m'a proposé intelligemment d'attendre cet hiver pour lui flanquer une bonne rouste. Et de ne surtout pas l'attendre devant le pub mais agir autrement, au moment où personne ne s'y attend. Pour mon ami, c'est aussi une question de précaution car " un gars qui a peur par nature, c'est un gars qui est capable de sortir le couteau".

Je me suis dit également que si V. n'est plus importunée , harcelée ou insultée  ( ce qui me paraît être le cas jusqu'à présent ) et que ces coups auront bel et bien servi à désamorcer sa haine ( une haine passagèrement projetée sur moi ) et bien, les bleus que je porte encore aux jambes  trouveront un sens.

Jésus contre Joe la Castagne, ça fait un beau titre, vous ne trouvez pas ?

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09 juillet 2007

Attouchements

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Lorsque ce n'était pas pour y conduire ses nombreuses maîtresses, mon père avait pour habitude de nous emmener dans un hôtel près de Marseille. C'était pour nous - mon frère, ma soeur ainsi que ma mère - l'occasion d'un peu de répit, la possibilité d'oublier un univers où nous étions sans arrêt sous pression et dans une insécurité affective insoutenable. C'était le temps où je ne voyais pas mon père frapper ou insulter ma mère et où ma mère pouvait enfin ramasser quelques miettes d'attention. En dehors de ça, cette pauvre femme que j'aimais pourtant  infiniment ne trouvait pas mieux que de pleurer toute sa misère sur moi. A cette occasion,  je me souviens d'un voyage aux États Unis que mon père avait fait en compagnie d'amis plus ou moins douteux. Bien entendu, il rencontra une femme là-bas, grande blonde américaine du genre de celle que l'on voit dans ses séries lamentables des années 80, la femme sophistiquée par excellence. Il prétendit tomber amoureux de cette femme ( je dis "prétendit" car il est incapable d'aimer ). C'est alors qu'un soir alors que j'avais à peine sept ans, je ne sais par quelle magie, je me suis retrouvé seul auprès d'elle. Le téléphone sonna et ma mère, déjà angoissée rien qu'à l'idée de se voir rejetée par ce père tout puissant, décrocha la main tremblante. Au bout d'une minute, elle se mit à pleurer : Il niait tout en bloc mais là n'était pas la cause essentielle, la cause essentielle, c'est qu'il ne voulait plus rentrer. Ma mère rappela à plusieurs reprises en larmes et plus il raccrochait, plus elle s'abattait de douleur et de détresse, pleurant sur moi et s'agrippant à mon cou comme si j'étais tout ce qui lui restait. Toujours en larmes, elle me demanda de ne jamais l'abandonner. J'ai juré. Mais de toute ma vie, elle n'a jamais été là lorsque j'ai eu besoin d'elle.

Mais revenons au sujet principal. Parlons de cet hôtel. Un après midi ( je devais avoir huit ans à tout casser ) alors que je m'ennuyais comme un rat mort, j'eus la merveilleuse idée d'aller regarder la télévision. Je me souviens de cette immense salle obscure où des chaises étaient empilées les unes sur les autres, les tables déplacées contre les murs. Il n'y avait qu'un petit écran de télé au beau milieu de la pièce. L'ennui, c'est que je ne parvenais pas à allumer le poste pour des raisons que j'ai d'ailleurs oublié. Je savais cependant qu'un des responsables du service, c'est à dire, le serveur du bar pouvait être en mesure de résoudre mon problème. Je fis appel à lui et bien entendu, ce jeune adulte s'empressa de me rendre service. Mais apparemment, cela ne sembla pas lui suffire. il s'assit à côté de moi puis commença à l'aide de sa main gauche à me tripoter. Je découvris avec effroi  que sa main était dans la poche de mon pantalon et qu'il cherchait en fait à me violer. J'étais paralysé par la peur. Je n'osais rien dire mais je savais également que si je le laissais faire, cela pouvait devenir encore plus dramatique. Malgré la panique, il fallait que j'aille très vite et que je trouve une solution. Afin de ne pas le brusquer et pour éviter de le rendre violent, j'eus l'idée de lui proposer d'aller chercher mon frère en mentant sur l'éventualité qu' il voulait aussi regarder la télévision. Je me souviens avoir "négocié" durant cinq longues minutes, cinq longues minutes durant lesquelles, ce pervers notoire s'excitait de plus en plus en  trifouillant dans ma poche et à me "toucher".  Je fus sauvé au moment précis où par la force de ma détermination, il décida de me laisser partir afin d'aller voir mon frère. A plusieurs reprises, ll me demanda de jurer de revenir.

Naturellement, je ne revins plus jamais.

Par chance, nous sommes rentrés le soir même. Je venais de vivre l'enfer, mes parents n'en n'ont jamais rien su.

J'imagine l'horreur des enfants violés et assassinés.

Ou plutôt non, je ne préfère pas imaginer.

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08 juillet 2007

"Et pour combler le vide, un verre que l'on vide..."

Ince

Le 07.07.2007 serait parait-il une date porte bonheur pour les futurs mariés. Les mairies seraient submergées et les curés tellement dépassés qu'ils en perdraient leur latin. J'ai vu ça hier soir en regardant les informations du soir à la télé. J''aspirais mon verre de rosé et je ne sais pas ce qui m'a pris mais j'ai eu envie de le balancer contre mon écran de télé géant. Il faut dire qu'une heure avant, j'avais reçu un sms de Cruella : " Ce sont mes vacances tout juillet" ce qui signifie dans un langage un peu plus "imagé " : " Connard. Tu ne verras pas les enfants tout le mois de juillet, tu vas en baver comme une merde et tu vas pouvoir t'empiffrer pendant un mois. J'espère que tu finiras par crever, espèce de chien ! ". On peut l'imaginer, ce fut une très heureuse soirée pour moi. De mon mariage en 1998 au divorce de juillet 2006, il n'y a qu'un pas...Et des centaines de bouteilles.

Juillet 2006. J'apprends par lettre recommandée que le divorce a été prononcé aux torts partagés. Je décide ( sans savoir exactement pourquoi ) d'acheter un bouquet de fleurs blanches à Cruella. Une fois arrivé, je frappe à sa porte et elle m'ouvre toute étonnée de me voir planté là. Ne sachant trop quoi répondre, je lui tends les fleurs en lui disant ironiquement " c'est pour fêter notre divorce". Elle me regarde de haut en bas ( de son regard vitreux habituel ) puis rétorque : " De toute façon, tout le monde divorce, c'est quelque chose de normal".

'C'est quelque chose de normal'.

Immédiatement, je me souviens de cette phrase assassine de l'écrivain, Françoise Chandernagor :

"Pardonnez-moi : il meurt chaque année cent millions d'hommes, mais quand je mourrai, pour moi ce sera la première fois. J'entre dans la statistique, mais la statistique n'entre pas en moi."

En février 1998, nous nous mariâmes pourtant pour la vie et les statistiques n'existaient pas. Cruella était resplendissante, habillée de sa longue robe blanche. Elle était déjà enceinte de 8 mois. Ce jour là, je n'étais pas très heureux ou disons plutôt assez mal à l'aise rien qu'à l'idée que je faisais peut-être une bêtise. Qui n'en fait pas à 24 ans ? . Ce fut également une fête assez peu réussie. Mais il est vrai que le seul fait marquant de cette journée fut le sourire lumineux de Cruella jusqu'au soir. Lorsque nous rentrâmes dans notre petit deux pièces de l'époque, elle eut l'idée de mettre une musique du film " Roméo et Juliette" version Di caprio, la fameuse musique de la scène où Roméo voit pour la première fois Juliette derrière un sublime aquarium. Cruella était belle mais je n'avais pas les yeux pour le voir. Ni la tête. Ni rien du tout.

Un soir de 2004, lors de notre séparation, j'eus comme unique trophée cette robe blanche abandonnée dans une armoire complètement vide

C'est vrai, samedi, j'aurais dû le lancer ce verre. Entre vendredi soir et hier, je ne me suis pas arrêté, incapable de donner un coup de frein à mon alcoolisme. Je suis resté enfermé chez moi comme un sauvage. Je deviens sauvage lorsque je bois seul. En groupe, j'aime tout le monde. Seul, je suis rempli de haine et de colère. J'ai harassé de sms mon pote S., prêtre, en insultant Dieu et je me souviens même que sous l'emprise de l'alcool, j'ai imaginé par vengeance me convertir à l'islamisme intégriste afin de faire tout exploser et de tout brûler.

S. est tout de même venu me rendre visite ce matin, inquiet. Nous n'avons pas parlé des sms, ni de ma rébellion ou de mes insultes envers sa foi. il me connaît.

Un volcan finit toujours par s'apaiser.

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05 juillet 2007

En vrac...

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J'ai dîné avec S, hier soir, le prêtre dont j'ai déjà parlé. Il habite désormais sur les hauteurs de la ville et son appartement est très bien placé. Sur sa grande terrasse, on peut admirer la vue fantastique qui donne sur la mer. Je me suis assis là puis je me suis absorbé du silence et de la beauté du paysage. Nous n'avons pas parlé de grand-chose. Bien entendu, S. ne sait pas tout. Il n'a que très peu d'éléments sur ma vie actuelle et puis, je pense qu'il ne pourrait pas tout saisir. Ce qui ne signifie pas que c'est un insensible, loin de là, mais que ma vie est trop à l'opposée de la sienne. Nous n'aurons jamais les mêmes inquiétudes.

V. m'a rappelé, inquiète par rapport à nos affaires. Je l'ai rassuré en lui disant qu'il n'y avait pas "mort d'homme" et que  pour l'instant, ma décision s'en tenait uniquement à l'éventualité que M. se conduise autrement. Elle m'attend ce soir car il faut que je lui explique qu'il est désormais nécessaire, pour elle comme pour moi, que nous prenions des distances . Elle a insisté pour m'inviter à dîner mais c'est peine perdue.

Je suis rentré assez tard. Souvent, je suis obligé de me garer loin de mon domicile. Ce qui fait que je dois traverser une partie de la ville à pied. Dans un sens, cela me permet de prendre un peu l'air. Seulement, lorsqu'il se fait vraiment tard, c'est un peu usant.

Concernant ma mère, elle a entendu ce qu'il fallait qu'elle entende. Après une dizaine d'appels sans réponses de ma part, j'ai fini par céder samedi après midi alors que mes enfants jouaient comme des fous sur les tamponneuses. Je n'ai pas aimé sa manière de me juger concernant ma présence lors de la kermesse des enfants, la semaine précédente. En vérité, je n'étais pas sûr que le plus grand de mes fils viendrait alors j'ai hésité... D'autant plus que je ne pouvais pas prendre ma voiture car je n'avais plus rien pour payer l'essence...Néanmoins, je m'y suis quand même rendu en bus.

Il n'y avait personne. Sa maîtresse qui j'ai aperçu par hasard m'a confié que le veille, mon fils lui avait dit qu'il ne viendrait pas. Elle m'a regardé comme si j'étais une sorte d' extra-terrestre, une anomalie par rapport au tableau de cette putain de fête familiale. Il fallait être là pour imaginer ma profonde déception. Déception d'autant plus dure que parmi toute cette foule, je voyais des visages heureux, des mamans avec leur caméra, des papas qui jouaient avec leurs enfants, des couples unis. Moi, j'étais l'anomalie du jeu des 7 erreurs... Ne sachant jamais rien, n'étant prévenu de rien comme à l'accoutumée. Normal,  je suis un père à la carte. On choisit quel menu, aujourd'hui ? : le menu, je n'existe pas ou le menu  j'existe lorsque Cruella  le veut ?. J'étais tellement vanné que j'ai quitté immédiatement ce monde de bonheur insoutenable auquel je n'appartiens plus puis je suis rentré à pieds avec pour unique obsession,  le désir de boire tout ce qui allait me tomber sous la main.

Voilà pourquoi, je n'ai pas voulu répondre à cette mère incapable de voir au delà du bout de son nez. Contrairement à elle, je savais ce qui m'entendais là-bas.

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03 juillet 2007

Insomnie

Sans_titre

J'ai encore bu, hier soir.  V.tente une fois de plus de me persuader de la revoir. Nous avons discuté au moins deux heures au téléphone. Et puis, il n'y avait pas que cela, il y avait l'affaire de cette fameuse attaque dont j'ai été la cible et que je n'accepte pas. J'ai exigé des excuses de la part de son ex-petit copain, M. Il refuse. D'autant plus qu'il nie m'avoir agressé avec sa matraque. C'est un lâche qui fuit la confrontation directe. Lorsque je l'ai croisé sur la place vendredi soir, je lui ai dit devant sa copine  que c'était un lâche. Suffisamment pour m'avoir frappé par derrière alors que j'étais complètement ivre. Je lui ai qu'il devait s'attendre à des représailles et que je saurai où le trouver. Ce petit pervers ne supporte pas qu'on prenne le dessus sur lui et qu'on le menace. Personne ne le menace, lui, le roi, celui qui décide pour les autres, lui qui a harcelé V., qui l'a violenté moralement, qui a agressé ses autres copains. Cette époque est révolue. Il s'y sont pris à deux contre moi à coup de matraques alors que j'étais à terre, ivre.

Le soir même, il a rappelé V. en l'insultant et en promettant que, si je le touchais, il allait rameuter tous ces copains mafieux italiens afin qu'ils me fassent la peau.

Le courage est une valeur sûre chez lui.

Je ne suis ni un héros, ni le plus courageux que d'autres, je ne demande pourtant qu'un règlement de compte, seul à seul.  Je ne veux pas le tuer, ni prouver que je suis plus fort ou plus intelligent. Il peut même me foutre une bonne raclé, il en a les moyens physiques. Je veux juste qu'il sache qu'on ne frappe pas un homme comme ça et qu'il doit assumer ses actes. Qu'importe le résultat, le plus important étant pour moi, même si je suis sur le carreau,  qu'il se rende compte qu'il existe sur terre des gens qui ne se laissent pas faire et qui ne se soumettent pas.

Cet imbécile aurait fait une main courante. Dire que  j'ai refusé de déposer plainte sous le seul prétexte que je voulais régler ce problème dignement...

J'ai mal dormi. je pensais à tout ça, je m'endormais puis je me réveillais. Vers 23h30, j'ai envoyé un message à V. en lui écrivant que j'étais même près à le recevoir chez moi afin qu'on s'explique. Elle m'a traité de fou et que de tout façon, elle ne lui donnerait jamais mon adresse. Je lui ai répondu que ce n'est certes pas la première fois qu'on me traite de fou ( sourires ). Une autre femme me l'a dit . Une femme avec laquelle  j'aurais tout décroché si elle avait daigné me regarder en face, me donner le pardon de n'avoir pas su la rendre heureuse et de m'être conduit comme un tocard. Celle qui me ronge et qui me bouffe comme de la rouille qui me prive de mes enfants, de ma vie.  Celle que j'ai vu pour la première fois l'autre jour dans une voiture avec un autre homme.

Oui, Cruella était là. Lui, je n'ai même pas eu le temps de le voir. Elle était là. Elle m'a vu arriver de loin, je l'ai fixé le coeur battant, Cruella a détourné son regard. J'ai vu également qu'il y avait un enfant derrière. Elle sort donc avec un homme divorcé. J'ai mis dix secondes pour me décider. Dix secondes durant lesquelles je me suis demandé s'il ne fallait pas que j'aille leur parler ou que je les suive. 

Mais pour dire quoi ?

Pour faire quoi ?

Il m'a fallu dix secondes pour que je réalise visuellement que je n'avais plus de femme.

Et trois ans que je meure pour un fantôme.

Juste quelques gorgées de plus...Je suis allé dans ma cuisine mais il n'y avait que des bouteilles vides.

Tout ça me fatigue.

Posté par bouboune06 à 15:57 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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